Retour sur l’acte XX

Communiqué de presse sous forme de rapport de l’Acte XX des gilets jaunes, verts, syndicats…

Samedi 30 mars 2019 a eu lieu l’acte XX du mouvement des gilets jaunes à Dijon. Un mouvement social né du refus de la hausse de différentes taxes.

Dès l’origine sur les ronds-points, le fait marquant est de voir le lien social se recréer, une vraie fraternité, solidarité entre personnes quelle que soit leur origine.

Ce mouvement en France est marqué par une opposition avec les forces de l’ordre entraînant blessures et mutilations et se poursuivant par interdictions et arrestations.
La singularité des manifestations dijonnaises réside dans le caractère pacifique et même festif. En XX samedis, il n’y a pas de casse, le centre-ville se remplit au gré de la météo de touristes et clients. La ville a trouvé son équilibre avec ceux qui portent des revendications. Les seules scènes de tension se retrouvent lors de contacts avec les forces de l’ordre qui, malgré l’absence de dommages, continuent de revendiquer une mission de prévention.

Sur Dijon, environ 2500 manifestants, tous les samedis, sillonnent les rues portant leurs messages.
Un cortège de la première heure mais aussi, comme pour relever les absents pour les causes sus mentionnées, des syndicalistes, des écologistes, un parti politique, des associations, des ONG…
Un nombre assez stable malgré les rangs des GJ torpillés car une frange de la population habituée au militantisme a pris conscience de la gravité de la situation et du degré de répression jamais vu dans ce pays depuis des dizaines d’années. Rejoignant peu à peu le cortège avec des revendications communes : Justice sociale et fiscale, transition écologique, défense des services publics et du patrimoine public. Ce constat d’avenir des français en danger, de casse des écoles, des hôpitaux, du sacrifice du bien public au nom de la financiarisation qui oblige ce mouvement à se poursuivre.

Ce 20ème rendez-vous s’est déroulé sans heurt – outre au niveau d’une pharmacie rue de la Liberté où l’agent de sécurité aurait jeté une jardinière sur les manifestants en provocation, une canette aurait été jetée en retour. Les gilets jaunes ont régulé par eux même cet incident comme devant le Mc Do. Ils sont sensibles à ne pas aggraver une situation économique qui peut être déjà fragile.

Après des passages en centre-ville, le cortège s’est dispersé spontanément place Darcy à 17h45.

Certains sont allés à la Soupe Pop des gilets jaunes, moment de partage, pendant que d’autres sont retournés vers la place de la République. Certains manifestants sont allés rue de la Préfecture en provocant la police. Après quelques jets de lacrymogène tout le monde avait disparu.

Il est 18h30, la manifestation est bel et bien terminée. Des gilets jaunes, les street médic, des clients lambda se retrouvent au Bœuf Blanc, seul lieu public ouvert dans le secteur. On se désaltère, on casse la croûte, on échange ou on se fait soigner avant de rentrer chez soi. Tout le monde est ravi car la manif s’est bien déroulée, pas ou peu de blessé à déplorer et en tous les cas que des conséquences de gazage. Alors que le calme règne, à 18h55, un camion de la Police arrive devant le restaurant, des policiers sortent et pénètrent en force dans l’établissement. Une fois entrés, un autre peloton arrive à la charge pour empêcher l’accès aux manifestants et public divers. Entre sidération et peur que leurs « frères » subissent des blessures comme dans d’autres villes, certains veulent entrer pour protéger et sont repoussés à coup de boucliers, de matraques, une grenade lacrymogène est également lancée pour disperser.
Les policiers ressortent avec un jeune homme, puis suit la patronne du lieu en larmes. Aucun mot lors de cette charge à part :  « recule », « dégage ». Et des sourires narquois en guise de provocations.
Les policiers regagnent la rue de la Préfecture sous l’œil de la BAC. Les clients et les manifestants sont indignés et suivent les policiers dans l’espoir d’une explication. Rien !
Pour un jet d’œuf et de quelques pétards on aura blessé trois femmes (côtes brisées, doigt nécessitant peut être une chirurgie, perte de conscience avec convulsions), de jeunes hommes matraqués sans parler des gens à l’extérieur de l’établissement. Le garçon de 18 ans, qui avouera ne pas être un gilet jaune, écopera après une comparution immédiate de 4 mois de prison avec sursis, 140 jours de travaux d’intérêt général et d’un an d’interdiction de manifester.

2 femmes ont 15 jours d’ITT et ont déposé plainte. D’autres plaintes suivront…

Les propriétaires, les clients, les manifestants sont sous le choc !