SAUVONS LES TERRES !

POUR UNE TRANSFORMATION DES ZAU (zones à urbaniser) EN ZAD (zones à défendre)

La production frénétique d’objets et de services des
sociétés dites “développées” et “en développement” est
responsable du désastre planétaire actuel. Une telle production
n’est possible que parce que beaucoup trop de pétrole et de
charbon sont consumés, que parce que beaucoup trop
d’humain·e·s et d’animaux sont exploité·e·s, que parce beaucoup
trop de forêts sont abattues, que parce que beaucoup trop de
déchets sont rejetés dans la nature ou brûlés, etc.

Cette économie productiviste est soutenue et protégée
par ces grosses machines que sont les États, qui ne jurent que
par la croissance de leur production économique – comme
beaucoup ne jurent que par l’accumulation de billets, d’objets en
tout genre, ou de followers. Plus, c’est toujours mieux. Mieux
qu’avant quand c’était moins, et mieux que les autres qui ont
moins, aussi. C’est comme ça. C’est le jeu mortifère auquel ils
nous font jouer.

Les possédants consument la planète parce que ça leur
rapporte, et ceux qui veulent nous gouverner les soutiennent
parce que, dans notre société, cela leur profite. Pouvoir,
reconnaissance, argent : complètement aveuglés par leur
“réussite”, ils sont d’autant plus enclins que quiconque à être
dans le déni de l’urgence écologique et à refuser un changement
radical de société. C’est toujours plus dur de changer de jeu
quand on est en train de gagner la partie que quand on est en
train de la perdre ! Mais ce jeu a des conséquences réelles, et
tout le monde va perdre si on continue comme ça.

On ne peut pas espérer que les gouvernants ou les
patrons acceptent de changer de société. Tout ce qu’ils auront à
proposer ne sera qu’un aménagement du désastre en cours. Si
nous voulons sauver notre futur, il faut arrêter d’attendre leur
permission ! Si nous voulons créer un monde viable et
désirable, un monde où on ne joue pas les un·e·s contre les
autres et tou·te·s contre notre planète, il faut agir ensemble,
sans médiation – et maintenant, sans transition.

Le mouvement des Gilets Jaunes exprime ce désir
d’autonomie politique, cette volonté de s’organiser en
assemblées populaires, sans hiérarchie, sans autorité, pour
changer nous-mêmes la manière dont nous vivons ensemble.
Dans la continuité des collectifs écologistes, le mouvement des
lycéen·ne·s, lui, replace l’enjeu planétaire au centre de la lutte. Il
nous faut conjuguer ces forces, nous organiser sans politiciens
en prenant toujours plus en compte ce qui est depuis longtemps
déjà une évidence : si nous continuons à vivre comme nous le
faisons, nous allons à notre perte.

Quand le pétrole viendra à manquer et que les camions
ne pourront plus rouler, que les métaux rares seront épuisés et
qu’on ne pourra plus fabriquer de moteurs électriques, que les
terres du monde entier seront tellement dévitalisées qu’on
n’aura plus assez de fertilisants chimiques à leur donner… que
mangerons-nous s’il n’y a pas d’espaces cultivés autrement,
partout, dans et autour de nos villes ?

À Dijon, les élus s’autoproclament « partenaires
officiels de la transition écologique », parlent d’« autosuffisance
alimentaire horizon 2030 » alors qu’ils, entre autres projets
absurdes, veulent construire un centre d’affaires en lieu et place
d’un champ de blé (“Éco-pôle” à Valmy), projettent de détruire
les terres maraîchères les plus riches du bassin dijonnais
(comme avec la bien nommée “Écocité Jardin des Maraîchers”,
boulevard de Chicago) à coup d’éco-béton, d’éco-polystyrène,
de voitures « apaisées »… Ces élus bienfaisants, les mêmes qui
se congratulent en plantant quatre arbres au milieu du bitume
aseptisé, se parent grassement de générosité sociale : sur le
papier la mixité est le maître mot, mais dans ces blocs de béton
“verts” haute surveillance, les riches propriétaires n’entrent pas
par la même porte que les petit·e·s locataires précaires.

Dans une ville en décroissance démographique et qui
compte plus de 7 000 logements vides, ces politicards veulent
encore densifier l’urbain là où la ruralité est à l’agonie, où les
villages se transforment un à un au mieux en dortoirs, au pire en
villages fantômes : “villages fleuris” qui ornent le cimetière de la
biodiversité et de la paysannerie, massacrées sur l’autel du
profit. Les quelques paysan·ne·s survivant·e·s, transformé·e·s en
forçats, sont appellé·e·s froidement « exploitant·e·s agricoles »,
du même nom que les grand propriétaires terriens et les pontes
de la FNSEA, à la solde des industries agro-alimentaires.

Les politicards, ce sont les tributaires du monde
capitaliste qui s’écroule, qui tente d’emporter avec lui tout
nouvel espoir en le labellisant, qui rachète et intègre tout ce qui
peut le faire vivre encore un peu, peu importe les minorités
écrasées, les dégâts humains et environnementaux, tant qu’il y a
de l’argent à se faire et du pouvoir à gagner.

Faire un pas de côté, c’est changer les règles du jeu
d’un coup : n’allons pas mendier un peu de bon sens aux
dirigeants, allons plus loin. Conquérir notre autonomie
alimentaire, c’est d’abord construire notre autonomie
politique.

Il n’y a pas d’écologie capitaliste !
Fauchons leur l’herbe sous le pied et agissons.
Occupons et cultivons ces terres en dehors des rapports
marchands !

Nous qui habitons et cultivons le Quartier Libre des Lentillères
contre sa bétonisation et essayons d’y inventer de nouvelles
manières de vivre ensemble, soutiendrons toute défense de
terres menacées par l’urbanisation et la marchandisation.

RASSEMBLONS-NOUS ET MONTRONS NOTRE UNITÉ ET NOTRE
DÉTERMINATION !

  • le vendredi 20 septembre avec les lycéen·ne·s en grève pour le climat puis avec la marche des associations ;
  • le samedi 21 septembre lors de la manif des Gilets Jaunes jointe à la Marche mondiale pour le climat ;
  • le vendredi 27 septembre pour le Banquet des Terres organisé par les Lentillères !