LETTRE D’UN GILET JAUNE EN PRISON

Le 29/04/2019.

Bonjour,

Je m’appelle Thomas. Je fais partie de ces nombreux Gilets Jaunes qui dorment en ce moment en prison. Cela fait près de 3 mois que je suis incarcéré à Fleury-Mérogis sous mandat de dépôt criminel.

Je suis accusé de pas mal de choses après ma participation à l’acte XIII à Paris :

« dégradation ou détérioration d’un bien appartenant à autrui »

« dégradation ou détérioration d’un bien appartenant à autrui par un moyen dangereux pour les personnes » (incendie d’une Porsche)

« dégradation ou détérioration de bien par un moyen dangereux pour les personnes commise en raison de la qualité de la personne dépositaire de l’autorité publique de son propriétaire » (le ministère des armées)

« dégradation ou détérioration d’un bien destiné à l’utilité ou la décoration publique » (attaque sur une voiture de police et une voiture de l’administration pénitentiaire)

« violence aggravée par deux circonstances (avec arme et sur dépositaire de l’autorité publique) suivi d’incapacité n’excédant pas 8 jours » (l’arme serait une barrière de chantier, toujours sur la même voiture de police, 2 jours d’ITT pour le traumatisme)

« violence sur une personne dépositaire de l’autorité publique sans incapacité »

« participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction ou dégradation de biens ».

J’ai effectivement commis une partie des actes que recouvrent ces formulations un peu ronflantes… Et je les assume. J’ai bien conscience qu’écrire cela risque de me faire rester un peu plus de temps en prison et je comprends très bien tous ceux qui préfèrent ne pas revendiquer leurs actes devant la justice et parient sur une éventuelle clémence.

Quand on lit cette longue liste de délits et leurs intitulés, il y a de quoi me prendre pour un fou furieux, n’est-ce pas ? C’est d’ailleurs comme ça que l’on m’a décrit dans les media. Enfin, on m’a plutôt réduit à un mot bien pratique : « casseur ». Simplement. « Pourquoi ce type a cassé? – Parce que c’est un casseur, c’est évident. » Tout est dit, circulez il n’y a rien à voir et surtout, rien à comprendre. À croire que certains naissent « casseur ». Cela évite d’avoir à se demander pourquoi tel commerce est ciblé plutôt que tel autre, et si par hasard ces actes n’auraient pas un sens, au moins pour ceux qui prennent le risque de les accomplir.

Il est d’ailleurs assez ironique, que je me retrouve affublé du stigmate de « casseur », notamment parce que la chose que j’apprécie le plus dans la vie, c’est la construction. Menuiserie, charpente, maçonnerie, plomberie, électricité, soudure… Bricoler, réparer tout ce qui traîne, construire une maison de la dalle aux finitions, c’est ça mon truc. Après, c’est vrai, rien de ce que j’ai construit ou réparé ne ressemble à une banque ou à une voiture de police.

Dans certains médias, on m’a aussi traité de « brute », pourtant je n’ai jamais été quelqu’un de violent. On pourrait même dire que je suis doux. À tel point que cela m’a rendu la vie compliquée pendant l’adolescence. Bien sûr, dans la vie, on passe tous par des situations difficiles et on s’endurcit. Après, je ne cherche pas à dire que je suis un agneau ni une victime.

On n’est plus innocent quand on a vu la violence « légitime », la violence légale : celle de la police. J’ai vu la haine ou le vide dans leurs yeux et j’ai entendu leurs sommations glaçantes: «dispersez-vous, rentrez chez vous ». J’ai vu les charges, les grenades et les tabassages en règle. J’ai vu les contrôles, les fouilles, les nasses, les arrestations et la prison. J’ai vu les gens tomber, en sang, j’ai vu les mutilés. Comme tous ceux qui manifestaient ce 9 février, j’ai appris qu’une nouvelle fois, un homme venait de se faire arracher la main par une grenade. Et puis je n’ai plus rien vu, à cause des gaz. Tous, nous suffoquions. C’est à ce moment-là que j’ai décidé ne plus être une victime et de me battre. J’en suis fier. Fier d’avoir relevé la tête, fier de ne pas avoir cédé à la peur.

Bien sûr, comme tous ceux qui sont visés par la répression du mouvement des Gilets Jaunes, j’ai d’abord manifesté pacifiquement et au quotidien, je règle toujours les problèmes par la parole plutôt que par les poings. Mais je suis convaincu que dans certaines situations, le conflit est nécessaire. Car le débat aussi « grand » soit il, peut parfois être truqué ou faussé. Il suffit pour cela que celui qui l’organise pose les questions dans les termes qui l’arrangent. On nous dit d’un côté que les caisses de l’État sont vides mais on renfloue les banques à coups de millions dès qu’elles sont en difficulté, on nous parle de « transition écologique » sans jamais remettre en question le système de production et de consommation à l’origine de tous les dérèglements climatiques¹. Nous sommes des millions à leur hurler que leur système est pourri et ils nous expliquent comment ils prétendent le sauver.

En fait, tout est question de justesse. Il y a un usage juste de la douceur, un usage juste de la parole et un usage juste de la violence.

Il nous faut prendre les choses en main et arrêter d’implorer des pouvoirs si déterminés à nous mener dans le mur. Il nous faut un peu de sérieux, un peu d’honneur et reconnaître qu’un certain nombre de systèmes, d’organisations et d’entreprises détruisent nos vies autant que notre environnement et qu’il faudra bien un jour les mettre hors d’état de nuire. Ça implique d’agir, ça implique des gestes, ça implique des choix : manif sauvage ou maintien de l’ordre ?

À ce propos, j’entends beaucoup de conneries à la télé, mais il y en a une qui me semble particulièrement grossière. Non, aucun manifestant ne cherche à « tuer des flics ». L’enjeu des affrontements de rue c’est de parvenir à faire reculer la police, à la tenir en respect : pour sortir d’une nasse, atteindre un lieu de pouvoir ou simplement reprendre la rue. Depuis le 17 novembre, ceux qui ont menacé de sortir leur armes, ceux qui brutalisent, mutilent et asphyxient des manifestants désarmés et sans défense, ce ne sont pas les soit-disant « casseurs », ce sont les forces de l’ordre. Si les médias en parlent peu, les centaines de milliers de personnes qui sont allées sur les ronds-points et dans les rues le savent. Derrière leur brutalité et leurs menaces, c’est la peur qui se cache. Et quand ce moment arrive, en général, c’est que la révolution n’est pas loin.

Si je n’ai jamais eu envie de voir mon nom étalé dans la presse, c’est désormais le cas, et comme je m’attends à ce que journalistes et magistrats épluchent et exposent ma vie personnelle, autant prendre moi-même la parole². Voilà donc ma petite histoire. Après une enfance somme toute assez banale dans une petite ville du Poitou, je suis parti dans la « grande ville » d’à côté pour commencer des études, quitter le foyer familial (même si j’aime beaucoup mes parents), commencer la vie active. Pas dans le but de trouver du travail et de prendre des crédits, non, plutôt pour voyager, faire de nouvelles expériences, trouver l’amour, vivre des trucs dingues, l’aventure quoi. Ceux qui ne rêvent pas de cela à 17 ans doivent être sérieusement dérangés.

Cette possibilité-là, pour moi, c’était la fac mais j’ai vite déchanté face à l’ennui et l’apathie régnants. Puis coup de chance, je suis tombé sur une assemblée générale au début du mouvement des retraites. Il y avait des gens qui voulaient bloquer la fac et qui ont attiré mon attention. J’en ai rencontré quelques-uns qui voulaient occuper un bâtiment et rejoindre les dockers. Le lendemain, je les ai accompagné pour murer le local du Medef et taguer « pouvoir au peuple » sur les parpaings tout frais. Voilà le jour où l’homme que je suis aujourd’hui est né.

J’ai donc étudié l’Histoire parce qu’on parlait beaucoup de révolution et que je ne voulais pas parler depuis une position d’ignorant. Mais très vite, je décidais de quitter la fac. Le constat était simple, non seulement on en apprenait bien plus dans les bouquins qu’en cours mais en plus de cela je n’avais pas envie de m’élever socialement pour devenir un petit cadre aisé du système que je voulais combattre. Là c’était le vrai début de l’aventure.

Ensuite, j’ai vécu avec plein de potes en ville ou à la campagne, c’est là que j’ai appris à tout réparer, à tout construire. On essayait de tout faire nous-mêmes plutôt que de bosser pour l’acheter. Un peu une vie de hippie, quoi! À la différence qu’on savait qu’on n’allait pas changer le monde en s’enterrant dans notre petit cocon auto-suffisant. Alors, j’ai toujours gardé le contact avec l’actualité politique, je suis allé à la rencontre de celles et ceux qui, comme moi dans le passé, vivaient leur premier mouvement.

Voilà comment j’ai rejoint les Gilets Jaunes depuis maintenant quatre mois. C’est le mouvement le plus beau et le plus fort que j’ai jamais vu. Je m’y suis jeté corps et âme, sans hésitation. L’après-midi de mon arrestation, plusieurs fois des gens sont venus vers moi pour me saluer, me remercier ou me dire de faire attention à moi. Les actes que l’on me reproche, ceux que j’ai commis et les autres, ils sont en réalité collectifs. Et c’est précisément de cela dont le pouvoir à peur et c’est pour cette raison qu’ils nous répriment et nous enferment individuellement en tentant de nous monter les uns contre les autres. Le gentil citoyen contre le méchant « casseur ». Mais de toute évidence, ni la matraque ni la prison ne semblent arrêter ce mouvement. Je suis de tout cœur avec celles et ceux qui continuent.

Depuis les murs de Fleury-Merogis, Thomas, gilet jaune.

SAUVONS LES TERRES !

POUR UNE TRANSFORMATION DES ZAU (zones à urbaniser) EN ZAD (zones à défendre)

La production frénétique d’objets et de services des
sociétés dites “développées” et “en développement” est
responsable du désastre planétaire actuel. Une telle production
n’est possible que parce que beaucoup trop de pétrole et de
charbon sont consumés, que parce que beaucoup trop
d’humain·e·s et d’animaux sont exploité·e·s, que parce beaucoup
trop de forêts sont abattues, que parce que beaucoup trop de
déchets sont rejetés dans la nature ou brûlés, etc.

Cette économie productiviste est soutenue et protégée
par ces grosses machines que sont les États, qui ne jurent que
par la croissance de leur production économique – comme
beaucoup ne jurent que par l’accumulation de billets, d’objets en
tout genre, ou de followers. Plus, c’est toujours mieux. Mieux
qu’avant quand c’était moins, et mieux que les autres qui ont
moins, aussi. C’est comme ça. C’est le jeu mortifère auquel ils
nous font jouer.

Les possédants consument la planète parce que ça leur
rapporte, et ceux qui veulent nous gouverner les soutiennent
parce que, dans notre société, cela leur profite. Pouvoir,
reconnaissance, argent : complètement aveuglés par leur
“réussite”, ils sont d’autant plus enclins que quiconque à être
dans le déni de l’urgence écologique et à refuser un changement
radical de société. C’est toujours plus dur de changer de jeu
quand on est en train de gagner la partie que quand on est en
train de la perdre ! Mais ce jeu a des conséquences réelles, et
tout le monde va perdre si on continue comme ça.

On ne peut pas espérer que les gouvernants ou les
patrons acceptent de changer de société. Tout ce qu’ils auront à
proposer ne sera qu’un aménagement du désastre en cours. Si
nous voulons sauver notre futur, il faut arrêter d’attendre leur
permission ! Si nous voulons créer un monde viable et
désirable, un monde où on ne joue pas les un·e·s contre les
autres et tou·te·s contre notre planète, il faut agir ensemble,
sans médiation – et maintenant, sans transition.

Le mouvement des Gilets Jaunes exprime ce désir
d’autonomie politique, cette volonté de s’organiser en
assemblées populaires, sans hiérarchie, sans autorité, pour
changer nous-mêmes la manière dont nous vivons ensemble.
Dans la continuité des collectifs écologistes, le mouvement des
lycéen·ne·s, lui, replace l’enjeu planétaire au centre de la lutte. Il
nous faut conjuguer ces forces, nous organiser sans politiciens
en prenant toujours plus en compte ce qui est depuis longtemps
déjà une évidence : si nous continuons à vivre comme nous le
faisons, nous allons à notre perte.

Quand le pétrole viendra à manquer et que les camions
ne pourront plus rouler, que les métaux rares seront épuisés et
qu’on ne pourra plus fabriquer de moteurs électriques, que les
terres du monde entier seront tellement dévitalisées qu’on
n’aura plus assez de fertilisants chimiques à leur donner… que
mangerons-nous s’il n’y a pas d’espaces cultivés autrement,
partout, dans et autour de nos villes ?

À Dijon, les élus s’autoproclament « partenaires
officiels de la transition écologique », parlent d’« autosuffisance
alimentaire horizon 2030 » alors qu’ils, entre autres projets
absurdes, veulent construire un centre d’affaires en lieu et place
d’un champ de blé (“Éco-pôle” à Valmy), projettent de détruire
les terres maraîchères les plus riches du bassin dijonnais
(comme avec la bien nommée “Écocité Jardin des Maraîchers”,
boulevard de Chicago) à coup d’éco-béton, d’éco-polystyrène,
de voitures « apaisées »… Ces élus bienfaisants, les mêmes qui
se congratulent en plantant quatre arbres au milieu du bitume
aseptisé, se parent grassement de générosité sociale : sur le
papier la mixité est le maître mot, mais dans ces blocs de béton
“verts” haute surveillance, les riches propriétaires n’entrent pas
par la même porte que les petit·e·s locataires précaires.

Dans une ville en décroissance démographique et qui
compte plus de 7 000 logements vides, ces politicards veulent
encore densifier l’urbain là où la ruralité est à l’agonie, où les
villages se transforment un à un au mieux en dortoirs, au pire en
villages fantômes : “villages fleuris” qui ornent le cimetière de la
biodiversité et de la paysannerie, massacrées sur l’autel du
profit. Les quelques paysan·ne·s survivant·e·s, transformé·e·s en
forçats, sont appellé·e·s froidement « exploitant·e·s agricoles »,
du même nom que les grand propriétaires terriens et les pontes
de la FNSEA, à la solde des industries agro-alimentaires.

Les politicards, ce sont les tributaires du monde
capitaliste qui s’écroule, qui tente d’emporter avec lui tout
nouvel espoir en le labellisant, qui rachète et intègre tout ce qui
peut le faire vivre encore un peu, peu importe les minorités
écrasées, les dégâts humains et environnementaux, tant qu’il y a
de l’argent à se faire et du pouvoir à gagner.

Faire un pas de côté, c’est changer les règles du jeu
d’un coup : n’allons pas mendier un peu de bon sens aux
dirigeants, allons plus loin. Conquérir notre autonomie
alimentaire, c’est d’abord construire notre autonomie
politique.

Il n’y a pas d’écologie capitaliste !
Fauchons leur l’herbe sous le pied et agissons.
Occupons et cultivons ces terres en dehors des rapports
marchands !

Nous qui habitons et cultivons le Quartier Libre des Lentillères
contre sa bétonisation et essayons d’y inventer de nouvelles
manières de vivre ensemble, soutiendrons toute défense de
terres menacées par l’urbanisation et la marchandisation.

RASSEMBLONS-NOUS ET MONTRONS NOTRE UNITÉ ET NOTRE
DÉTERMINATION !

  • le vendredi 20 septembre avec les lycéen·ne·s en grève pour le climat puis avec la marche des associations ;
  • le samedi 21 septembre lors de la manif des Gilets Jaunes jointe à la Marche mondiale pour le climat ;
  • le vendredi 27 septembre pour le Banquet des Terres organisé par les Lentillères !

Appel à une rencontre des Communes Libres et des Listes Citoyennes !

RENCONTRE DES LISTES CITOYENNES ET DES COMMUNES LIBRES
COMMERCY – 23 ET 24 NOVEMBRE 2019

MUNICIPALES 2020: Créons partout des contre-pouvoirs locaux, Transformons le système par la base, Enracinons les résistances et les alternatives!

Depuis plusieurs mois la France est en ébullition. Depuis près d’une quarantaine d’actes les gilets jaunes manifestent pour la transformation du système, la justice sociale et la démocratie directe, qu’il vente, pleuve, neige, ou que la canicule menace. Des dizaines de milliers de personnes descendent dans la rue pour résister à la destruction de la planète. Les quartiers populaires, longtemps victimes invisibles de la violence d’État, sont de plus en plus présents en première ligne. Et tout pourrait bien reprendre à la rentrée tant le gouvernement continue ses politiques destructrices : assurance-chômage, sécurité sociale, retraites, urgences… de nombreux secteurs sont en passe de se mobiliser.

Pour le moment l’oligarchie verrouille le système au niveau national par une forte répression. Mais le pays palpite : partout ces mouvements cherchent à agir et construire localement. 230 groupes locaux de gilets jaunes étaient présents à la troisième « Assemblée des assemblées » à Montceau-les-Mines, des dizaines de « Maison du peuple » sont en projet, des collectifs écolos et citoyens se créent, les bases syndicales s’agitent, etc.

Il n’y aura pas de « retour à la normale » : d’immenses aspirations à la transformation sociale, démocratique et écologique s’expriment. Et pour ne pas qu’elles soient balayées, nous devons les enraciner au niveau communal, dans nos villages, nos villes, nos quartiers, partout où nous sommes !

La séquence vers les élections municipales de mars 2020 peut être une opportunité, à condition de ne pas tomber dans les pièges de la politique politicienne et les petites combines des élus locaux. Partout dans le pays, des centaines de projets de « listes citoyennes » sont en cours. Mais leurs méthodes et leurs objectifs sont très différents :
– Nombre d’entre elles risquent d’être un simple vernis « citoyen » sur des militants de partis locaux en quête de pouvoir.
– D’autres visent à prendre la mairie de manière indépendante des partis existants, sans forcément transformer le système en profondeur.
– Une minorité, enfin, cherche à instaurer des assemblées citoyennes indépendante des partis et prendre la commune pour instaurer une démocratie directe, rendre la totalité du pouvoir de décision aux habitants au sein d’assemblées communales, de RIC locaux, etc. Pour radicalement changer le système à la base, et transformer les conseils municipaux en simples délégués au service des habitants.

À Commercy, c’est ce dernier pari que nous faisons !

Nous ? Nous sommes plusieurs dizaines d’habitants impliqués dans la vie locale, des membres des gilets jaunes, d’associations, simples citoyens… Depuis mai, nous avons lancé une assemblée citoyenne, des groupes de travail, des formations locales pour réfléchir à comment transformer concrètement notre commune. Si notre projet de liste l’emporte, le conseil municipal aurait obligation d’entériner les décisions d’une assemblée communale ouverte à tous. Si elle ne l’emporte pas, l’assemblée municipale pourrait tout de même peser au niveau local et nous continuerons de renforcer notre ancrage.

Au-delà de l’échéance électorale, d’autres dynamiques sont en cours pour prolonger le souffle qui s’est levé chez nous. Car pour nous, se projeter dans les municipales n’est pas une finalité mais un moyen pour transformer le système à la base :
– Un moyen pour rendre partout le pouvoir de décider et d’agir à tous les habitants
– Un moyen pour enraciner le rapport de force là où nous sommes
– Un moyen pour grignoter les bases du système – ces élus et notables qui sont souvent les instruments de la politique d’en haut, comme on l’a vu avec le Grand Débat national

Surtout, se projeter dans les municipales ne doit pas se faire de manière isolée, au détriment de tout le reste. N’attendons aucun miracle des institutions et construisons partout des contre-pouvoirs indépendants ! Ouvrons des Maisons du peuple, organisons nos propres systèmes d’approvisionnement, instaurons des assemblées populaires parallèles, continuons de participer aux mouvements au niveau national !

Le chemin qui s’est ouvert depuis quelques mois n’est que le début du voyage : l’Histoire nous enseigne qu’il faut plusieurs années pour faire une révolution. Alors nous continuerons d’avancer, nous ne rentrerons pas chez nous !

Aux mouvements actuels et aux « listes citoyennes » municipales existantes, voilà la perspective stratégique que nous proposons :
1) Fédérer un réseau de « communes libres » et de contre-pouvoirs basés sur la démocratie directe et opposés aux puissances de l’argent et à la violence d’État
2) Construire ensemble un système plus juste dans nos quartiers, nos communes, nos villages
3) Renforcer les liens entre les alternatives et les résistances au niveau local et national

Voilà l’horizon de transformation vers lequel nous voulons aller pour bâtir un système plus juste ! Voilà un chemin pour en finir avec les désastres sociaux, écologiques et démocratiques ! Voilà ce que nous proposons à tous les citoyens, aux milliers de gilets jaunes, aux collectifs écologistes, aux comités des quartiers populaires, à toutes celles et ceux qui ouvrent et font vivre des « Maisons du peuple »…

Depuis Commercy, nous invitons donc d’ores et déjà toutes les personnes et groupes qui se reconnaissent dans cet appel à lancer leurs assemblées communales populaires, ouvrir des Maison du peuple, et réfléchir à la manière la plus stratégique de se renforcer au niveau local.

Puis, si vous vous reconnaissez dans cet appel, nous vous invitons le week-end du 23 ET 24 NOVEMBRE 2019 à une grande rencontre nationale à Commercy pour échanger et se coordonner ! Partageons nos expériences, donnons nous du courage et fédérons-nous pour faire boule de neige.

Lors de ces premières rencontres du genre nous voulons élargir sans nous enfermer dans des débats de militants spécialisés. Nous invitons les centaines de groupes locaux issus du mouvement des gilets jaunes, toutes les « listes citoyennes », les Maisons du Peuple, tous les projets communaux et groupes locaux réellement existants qui se retrouvent dans la perspective de cet appel !

Pour que cela soit bien clair nous rappelons que nous sommes totalement indépendants des partis politiques : nous ne voulons plus de leur système, de leurs conflits d’ego faits sur notre dos. C’est un autre monde que nous souhaitons construire, par la base. Nous pouvons le faire : alors rencontrons-nous et organisons-nous !

Inscription et information : communedescommunes@riseup.net
Assemblée Citoyenne Locale : assembleecitoyennecommercy@riseup.net

VIVE LA COMMUNE DES COMMUNES !
VIVE LE POUVOIR AU PEUPLE, PAR LE PEUPLE, POUR LE PEUPLE !

https://www.facebook.com/105578430819272/videos/475086839739807/

Le temps du rassemblement des forces est arrivé !

Nous, Gilets jaunes et collectifs en lutte, souhaitons envoyer un appel fort à toutes les organisations écologistes.

Pour l’instant, le 21 septembre à Paris il semble que Gilets jaunes et marcheurs pour le climat vont manifester séparément. Les Gilets jaunes ont prévu de manifester autour des Champs-Élysées, et la marche climat de Duroc à Place d’Italie dans le sud-est de Paris. Nous ne voulons plus revivre ce scénario qui n’a permis aucune victoire le 8 décembre 2018 et le 16 mars 2019.

Nous rejoignons l’idée mentionnée sur la charte d’une de ces organisations écologistes, Alternatiba, selon laquelle il est nécessaire « d’unir tous ceux qui d’une manière ou d’une autre, par les alternatives ou les combats dont ils sont porteurs, contribuent, parfois sans le savoir, à préserver le climat ».

Nous demandons à toutes les organisations écolos, jusqu’à présent frileuses ou inquiètes à l’idée de cette unification, de comprendre que désormais, seule une stratégie de décloisonnement pourra peser dans les combats sincères. Nous estimons que la situation écologique, économique et sociale va continuer à s’aggraver ainsi que les violences d’État et la répression. Les stratégies visant à diviser les mouvements sociaux doivent donc être réduites à néant par un rassemblement de forces inédit. Si nous avons échoué jusqu’à maintenant, c’est parce que nous sommes restés séparés.

Notre objectif est le même : construire une société, un environnement, un monde plus équilibrés, plus humains et plus justes. Il nous faudra rétablir la justice et la dignité de tous, entre et à l’intérieur des peuples. Les luttes écologistes ne peuvent donc pas se faire hors des mouvements comme celui des Gilets Noirs mais aussi bien d’autres, qui luttent contre le racisme et l’impérialisme de la France qui pille les ressources des colonisés là-bas et l’exploitation , l’humiliation et la chasse des immigrés avec ou sans papiers ici.

« Fin du monde, fin du mois, même système, même combat » : nous l’avions écrit sur nos banderoles, maintenant, nous voulons l’application de ce slogan dans la rue.

Le 21 septembre, à Paris nous devons tenter l’impossible, il n’y a pas d’autre alternative ! Pas de division des forces, pas de désolidarisation dans les médias ! Compte-tenu de l’urgence, une simple « coexistence » des différentes tactiques ne suffira pas. Il est temps de mettre en œuvre une véritable coordination de nos tactiques, dans le respect des modes d’expression de chacun. 

Il y aurait plusieurs manières de nous allier, et nous devons en décider ensemble. La principale contrainte est que les Gilets jaunes comptent se rassembler spontanément autour des lieux de pouvoir, qui sont dans l’ouest parisien. À partir de là, plusieurs options sont envisageables pour le 21 : il pourrait y avoir une marche commune dans l’ouest parisien à un moment de la journée ? Ou alors les écolos pourraient rejoindre les Gilets jaunes le matin sur les Champs, puis organiser un départ commun vers la marche climat ? Ou alors une action commune pourrait être organisée ? Quant aux Gilets jaunes qui le souhaitent, ils pourront rejoindre la marche climat, mais elle a lieu très loin des Champs…

Autre proposition : un signal très fort, et très attendu par de nombreux Gilets jaunes, serait que la marche climat du 21 septembre se termine dans l’ouest parisien, aux alentours des Champs-Élysées. Cela ferait sens pour tout le monde de se rassembler à cet endroit, puisque c’est là que sont les lieux de pouvoir ! Une telle convergence serait assurément historique.

Une rencontre a déjà eu lieu entre Gilets jaunes, collectifs en lutte et organisations écolos à Paris, actant ainsi le début de la prise de contact entre l’inter-orga climat et nous. Mais en l’état actuel des choses, la convergence paraît très incertaine. Une future réunion est prévue et devrait être décisive. Aura-t-elle lieu ? Le temps presse. C’est pourquoi nous publions ce communiqué. Maintenant, prouvons-nous que nos discours d’unité sont sincères.

TOUS ENSEMBLE LE 21 SEPTEMBRE À PARIS !

Signataires confirmés :

  •  Action Antifasciste Paris Banlieue
  •  Action Crolles – 38 (GJ)
  •  ACTA
  •  Association familiale laïque de Commercy
  •  Blocage 17 novembre Toulouse (page GJ)
  •  Clap33 Bordeaux
  •  Climat Social
  •  Cerveaux non disponibles
  •  Collectif Peuple révolté (GJ)
  •  Collectif écoféministes Strasbourg
  •  Comité Adama
  •  Des Gilets Noirs en lutte
  •  Désarmons-les
  •  Désobéissance Ecolo Paris
  •  Extinction Rebellion Boulogne
  •  Extinction Rebellion Brest
  •  Des membres de Extinction Rebellion Bretagne
  •  Extinction Rebellion Metz
  •  Extinction Rebellion Rennes
  •  Femmes Gilets Jaunes Île de France
  •  Floraisons
  •  France en colère 08 (GJ)
  •  Frric (French Ric) Bordeaux
  •  Gilets Jaunes Argenteuil
  •  Gilets Jaunes Belleville
  •  Gilets Jaunes Brest Rebelle
  •  Gilets Jaunes de Buchelay
  •  Gilets Jaunes de Commercy
  •  Gilets Jaunes de Gennevilliers
  •  Gilets Jaunes Île Saint Denis
  •  Gilets Jaunes Lyon
  •  Gilets Jaunes Montélimar
  •  Gilets Jaunes de Pantin
  •  Gilets Jaunes Place des fêtes
  •  Gilets Jaunes Poitiers
  •  Gilets Jaunes Rungis Île-de-France
  •  Gilets Jaunes Toulouse en Action (page GJ)
  •  Gilets Jaunes Verdun
  •  Grève Jaunérale : Riposte Générale (page GJ)
  •  La Chapelle Debout !
  •  Le Printemps du changement (GJ – Marche climat – Youth for Climate)
  •  Le Peuple Uni (page GJ)
  •  Les Zafficheurs Jaunes Bordeaux
  •  Maison du peuple de Saint-Nazaire et alentours (GJ)
  •  Plateforme d’enquêtes militantes
  •  Plein le dos (collectif GJ)
  •  Radiaction
  •  Rennes en Lutte pour l’environnement
  •  Résistance Ecolo Reims
  •  Résistance Gilets Jaunes France
  •  RESOME
  •  Sanglier Jaune (automédia YouTube)
  •  Sepanso Landes
  •  Ultimatum Gilets Jaunes Occitanie
  •  Youth for Climate Paris
  •  Youth for Climate Brest

Pour signer la pétition à titre individuel :
https://www.change.org/p/a-toutes-les-organisations-écologistes-appel-pour-le-21-septembre-le-temps-du-rassemblement-des-forces-est-arrivé

Madame Fadila Khattabi, monsieur Didier Paris, la planète brûle et vous regardez ailleurs…

Lettre ouverte aux députés de Côte-d’Or ayant voté pour la ratification du CETA : madame Fadila Khattabi (3ème circonscription – LREM) et monsieur Didier Paris (5ème circonscription- LREM).

Lors de la séance parlementaire du 23 juillet 2019, vous avez voté pour la ratification du CETA (accord de libre-échange entre le Canada et l’Union Européenne). L’avez-vous fait en toute connaissance de cause ?

Saviez-vous que le Canada n’est pas le paradis écologique que le gouvernement s’est évertué à montrer en déclarant « Le Canada est un partenaire de confiance aux normes proches des nôtres ».

Au Canada, les fermes usines sont la norme et la taille moyenne d’une exploitation est de 420 ha contre 55 ha en Europe, avec un recours systématique aux antibiotiques, hormones de croissance et farine animale ; outre les conséquences sur le bien-être animal, celles sur la santé des consommateurs ne sont pas anodines : c’est pourquoi ces produits sont interdits dans l’Union Européenne. Le gouvernement a affirmé que les produits interdits au sein de l’Union Européenne ne peuvent pas pénétrer sur le marché européen mais les normes sanitaires applicables sur le sol européen ne valent pas automatiquement pour les produits importés. De plus avec la « concurrence  libre et non faussée », les pays et leurs ports, soucieux de préserver leur part de marché et de développer leur activité, réduisent au minimum les contrôles douaniers. De fait la plupart des marchandises importées sont débarquées sans vérification dans n’importe quel port européen et peuvent ensuite circuler librement dans tout l’espace économique européen.

D’ailleurs le ministère de l’agriculture l’a reconnu le 15 Juillet « aucune règle n’interdit l’arrivée de bœuf canadien nourri à certaines farines animales ou « dopé aux antibiotiques ».

Saviez-vous que le Canada multiplie les pressions et les menaces contre les normes sanitaires européennes et contre l’application du principe de précaution ?

Saviez-vous que le Canada produit de la viande 25% moins chère qu’en Europe ?

Et pourtant le gouvernement affirme que « les filières agricoles ne seront pas déstabilisées par les importations canadiennes ». Effectivement le Canada n’a pas encore utilisé ses contingents d’exportation mais cela ne signifie pas qu’ils ne le seront jamais. Il serait étonnant que le Canada ait âprement discuté ces quotas pour ne pas les utiliser mais la mise en place d’une filière d’exportation demande un certain temps.

Saviez-vous que le Canada a déjà augmenté ses exportations en Europe de 65% de produits pétroliers issus de l’exploitation de sables bitumineux ?

Pensez-vous vraiment que l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre relâchés par les transports transatlantiques n’aura aucun effet sur le réchauffement climatique ?

De nombreuses organisations (70), et récemment Nicolas Hulot vous ont alerté sur les dangers que représentait ce traité commercial. Vous n’avez pas voulu les entendre, préférant donner du crédit aux approximations et omissions fournies par l’exécutif malgré des contre-arguments étayés de longue date et publiés avant le vote.

La planète brûle et vous regardez ailleurs. Ne préférez pas la fausse liberté du commerce, en oubliant qu’il n’y aura ni commerce ni part de marché sur une planète morte. Ne persistez pas dans un modèle économique qui détruit la planète, empoisonne des millions de personnes et génère des inégalités colossales.

Au-delà du fait que cela vous sera reproché aux prochaines échéances électorales, vous porterez une lourde responsabilité devant les citoyens, les citoyennes et les générations futures.

Citoyennement,

Le collectif STOP TAFTA CETA 21 et des citoyens engagés

In Solidarity with the gilet jaunes – Declaration from the Internationalist Commune of Rojava

To the gilet jaunes (yellow jackets), to those who demonstrate, who are on the barricades and are blocking the streets, who squat their schools, who are on strike and who organize themselves. We greet you as the Internationalist Commune from Rojava, the eastern part of Kurdistan, in the north of Syria.

Since more than a month we are following with attention the peoples revolt that takes place in France (and other cities in Middle Europe). We are impressed, by the determination of the demonstrators, as well as by the level of the repression from police and state. We send our solidarity to everyone who is …. doing the right. Because of you, your resistance is popular until here, where everyone hopes for bright changings, in the time where here we are threaten with a new war of the turkish state.

France has a long history of resistance and civil uprisings, taht we should not reduce just to the french revolution and the mai of 68. The history of resistance includes also the rural revolts of the middle age, all the local, regional and independent resistances against the colonization of the state, the labour movements, the fights of the immigrant workers, the proletarian districts, the millenniums of the fight of the woman against the patriarchal system.

The commune of Paris, who is an example that it can be possible to take the power by the people and is a main inspiration for revolutionaries in the whole world. In this sense, the call of Commercy, that we have related as well, has been a source of hope and a sign that the movement can bring to that « thing that is very important, that the movement of the gilets jaunes reclaims everywhere his diverse forms, further than purchasing power ! » to that « power to the people, from the people, to the people. »

It is this, what is experimented in this moment here in rojava, where the different people organize themselves without national state from the base of democratic communal assemblies in the sense of a system called confederal democracy.

Of course, reorganizing a society without state is not a easy thing. Of course it needs time investments and education, but it also give us the most intense joy.

We have to find a way to live free and more as a society. Thousand of people remember the passed days on the squares, the highways, the streets, the blocked schools, and the most important and significant moments. The children will talk of it for months. Why ? Because in this gatherings it is the society that arises .The people who (re)discover what it means tho live in a communal way.

For achieve a communal life, it is necessary more than ever to forget the myth of the national state, which represents a false republican unity. We have to take down the borders that separate us and as wel find the capiticity to reclaim the multiples and imigrant ifentitys, to revive our culutres, and « regionalisized » langages. And als woman we have to take back what has been token anay from us, make hears our voices and take place in all the olaces in society.

We have to build up an other economic system, socialistm controlled and comming from by the people, on a base of cooprtatuc production, selfsufficiant and ecologal, free of exploitaion of nature by humans.
In the end, as youth, with the spirit of resitance, we have to become a motor in a mouvement that will not acept any compromise.

The whole world has understand that « winning » this mouvement is not to win the false rising of the SMIC, neither the bethering of the purchasing power To win means, to overcome the stage of revendication and to begin, build on the existting alternativ structures to build up an other system of selfgouvernement. To win means facing contradictions. To try, to fail, to try again. To never loose the hope that we can emancipate gtom the state and the existing opressing structures, that we can live free.

Solidarity with the gilets jaunes ans all those who resist in france and everywhere else in the world.
Down with the turkish fasicm.
Bijî Berxwedana Frane! Bijî berxwedana Rojava !
Bijî Rêber Apo !
Jin Jiyan Azadî !

Interpellations préventives de Gilets Jaunes : stop à l’autoritarisme !

Communiqué du NPA

De Rugy à la tribune officielle, les Gilets Jaunes en garde à vue… Voici un résumé de cette matinée du 14 juillet et de l’action de ce gouvernement depuis 8 mois.

Depuis 8h45, Jérôme Rodrigues et Maxime Nicolle ont été placés en garde à vue, rejoints par 8 autres Gilets Jaunes, tandis que d’autres Gilets Jaunes connus comme Eric Drouet ou Sophie Tissier étaient interpellés pour les écarter du défilé. En prime Jérôme Rodrigues, alors qu’il circulait seul aux abords des Champs-Élysées, avait auparavant été frappé d’une amende de 135 euros ! Motif : « manifestation illicite » selon le parquet. Pourtant, aucune manifestation n’ayant été déclarée, celle-ci n’avait pu être interdite, et au moment de leur interpellation, ces figures des Gilets jaunes n’avaient pas d’autre activité que d’être présents. Il s’agit donc d’interpellation au faciès, alors qu’aucun délit ne pouvait être reproché. Ce qui s’appelle des « arrestations politiques » visant à bâillonner des opposants.

Mais ces interpellations n’ont pas suffit pour empêcher des groupes de Gilets jaunes de siffler copieusement Macron et de réclamer sa démission alors qu’il se pavanait sur son « command-car ». Car ce gouvernement de riches pour les riches, qui se solidarise du gaspillage de l’argent public par l’un de ses membres, ne peut que provoquer toujours plus de colère. La répression, y compris préventive, ne viendra certes pas à bout des révoltes, mais elle met par contre dangereusement en péril des droits démocratiques minimum, à commencer par celui d’exprimer une opinion et de s’opposer au gouvernement.

Le NPA affirme sa solidarité avec la colère sociale que les Gilets jaunes continuent d’exprimer depuis 8 mois, sous toutes les formes. Et il y a de quoi manifester notre colère quand Macron se gargarise d’un programme à 9 milliards d’euros pour construire des sous-marins nucléaires et s’extasie devant des « bijoux de technologie » Griffon qui coûteront plus de 5 milliards… Cela alors que ses ministres expliquent qu’il n’y a pas de fric pour les urgences hospitalières, ni la lutte contre les violences faites aux femmes ! Toutes nos colères doivent s’exprimer, c’est toutes et tous ensemble que nous pouvons défendre nos droits et imposer la satisfaction de nos besoins individuels et collectifs.

Stop à l’autoritarisme, liberté de manifester !

Montreuil le dimanche 14 juillet 2019

« Lettre ouverte à Emmanuel Macron », par Geneviève Legay

Au détricoteur des services publics qui lui demandait d’être « sage », Geneviève Legay, talentueuse tricoteuse, lui retourne le compliment par une lettre ouverte accompagnée d’un petit gilet jaune et du drapeau « PAIX ».

La Trinité (06), le 27 juin 2019

Monsieur le Président de la République,

Je souhaite revenir sur vos déclarations du 23 mars 2019, lors de votre passage à Nice, concernant le fait que je serais tombée toute seule ! Vous avez osé affirmer qu’aucun policier ne m’avait touchée ! Espérons que la justice sera plus honnête, au regard de ce qu’ont avoué le procureur de Nice et un policier. Aussi, nous prouverons que ce n’est pas un accident, mais bien des policiers qui m’ont agressée.

De plus, vous avez dit que j’aurais dû rester chez moi. Madame Redouane Zineb était chez elle et, malgré tout, vos policiers l’ont tuée. Qu’avez-vous fait ? Le silence total et plus personne n’en parle. Quel mépris ! Pourtant, cette personne ne manifestait pas.

Nous sommes en France, et, depuis quelque temps, en insécurité permanente. Il ne fait pas bon vivre en macronie parce que, évidemment, vos forces de l’ordre, voire du « désordre » répondent à la politique de Monsieur Castaner et vous-même.

Vos discours sont trop souvent méprisants. Vous n’êtes que mépris. C’est une habitude chez vous de tenir des propos condescendants envers les gens d’en bas, « ceux qui ne sont rien ». Nombre de personnes le constatent depuis plus deux ans.

J’ai 73 ans et suis fière d’être une citoyenne à part entière. Aussi, ne vous en déplaise, je revendique ma liberté de manifester, entre autres, face à vos choix politiques.

Pour vous, qu’est-ce que la sagesse dont je devrais faire preuve ?
C’est accepter la politique que vous imposez comme si aucune alternative n’était possible ?
C’est se laisser dépouiller sans rien dire alors que vous prenez aux pauvres pour donner aux riches ?

Non, je ne vous écouterai pas, bien au contraire, je continuerai à manifester car tout ce que le peuple a obtenu, c’est par de hautes luttes. Le code du travail compilait 150 ans de conquêtes sociales, vous le détricotez ; la sécurité sociale, véritable bijou que le monde entier nous envie, vous l’offrez aux appétits des assurances ; vous organisez la contre-réforme des retraites, vous cassez l’assurance chômage, vous bradez notre patrimoine, vous détruisez les services publics, toujours pour privilégier le privé, notamment en cassant les hôpitaux de l’intérieur…

Votre politique est une véritable honte au regard de celle qui fait cohérence et qui fait peuple.

Vous détricotez, moi je tricote et vous fais parvenir un gilet jaune et un drapeau de la PAIX (faits avec des restes de pelotes).

Voyez-vous, ce sont des symboles face à votre mise en oeuvre de démolition, ainsi que celle de votre entourage, de ce qui faisait société, qui permettait de vivre (certes pas très bien depuis 35 ans) et non de survivre. Avec mes camarades d’Attac, des Gilets jaunes, des syndicats et partis politiques progressistes, nous serons toujours et encore face à vous et vos complices contre cette politique infâme…

Pour tout cela, la citoyenne que je suis ne peut pas vous saluer.

Geneviève Legay

https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/lettre-ouverte-a-emmanuel-macron-par-genevieve-legay